Composée d’une équipe pluridisciplinaire de thérapeutes et de chercheuses, le Centre Bertha Pappenheim souhaite développer une activité de formation et de recherche sur de nombreux sujets visant à mieux comprendre les mécanismes psychotraumatiques et à améliorer les modalités de soins.
Formation
L’association a plusieurs fois été sollicitée pour différents contenus de formations, auprès de professionnelles comme de bénévoles, au sein d’associations mais aussi de collectivités, par exemple auprès de l’association HandsAway, du centre de santé des femmes Gynea, ou du Conseil départemental d’Eure et Loire.
« Prendre soin des professionnelles travaillant auprès de victimes de violences. »
« Ajuster sa posture auprès de victimes de psycho-traumatismes. »
« Bien comprendre l’ESPT et ses répercussions sur nos accompagnements des victimes. »
Sur devis – nous contacter.
Recherche
Depuis 2022 notamment, le Centre Bertha Pappenheim intervient au sein de l’étude ASPIRE (Accès aux soins, Santé et Prostitution), recherche participative sous l’égide de la chercheuse Fabienne El-Khoury Lesueur de l’INSERM, en martenariat avec le Mouvement du Nid.
Les résultats de cette étude ont été publiés le 25 novembre 2025 et sont disponibles sur le site du Mouvement du Nid.
« Santé et prostitution, une recherche participative inédite
Financée par l’Agence nationale de recherche (ANR), notre recherche ASPIRE a été coconstruite, de l’élaboration des outils de recherche à la production du rapport, par des chercheuses, une psychologue traumatologue, les équipes salariées et bénévoles du Mouvement du Nid et de l’Amicale du Nid ainsi que des survivantes de la prostitution, afin de correspondre au mieux aux réalités de terrain.
Elle a été réalisée auprès de 258 personnes prostituées et survivantes accompagnées par nos deux associations, dans 29 villes (hexagone et outre-mer). 45 entretiens qualitatifs ont complété ces données, grâce aux témoignages croisés de personnes concernées et de leurs accompagnant·es.
Des violences systémiques aux conséquences dévastatrices : la fin de la prostitution comme solution
Plus de 10 ans après la dernière enquête (Pro Santé), cette étude dresse enfin un état des lieux actualisé et global de la santé et de l’accès aux soins des personnes connaissant ou ayant connu la prostitution :
Les personnes interrogées sont massivement concernées par les violences et pourtant massivement freinées dans leur accès aux soins. 95% ont été victimes d’au moins une forme de violence en dehors de la prostitution, plus de 85% ont subi des violences de la part des « clients » prostitueurs.
Mais une minimisation des violences, due aux effets de la dissociation traumatique et à la banalisation sociétale mènent à une altération de leur santé et de leur accès aux soins. Plus de la moitié des personnes interrogées présentent des risques de symptômes dépressifs et 62,5 % des symptômes de stress post-traumatique, une immense majorité des troubles du sommeil ainsi que des troubles alimentaires (72%).
Pour retrouver la santé, les répondant·e·s expriment clairement le besoin d’une sortie réelle et durable de la prostitution, et doivent surmonter une véritable course d’obstacles. Pour ce faire, la posture des professionnel·les est essentielle, comme le révèle une des participantes “nous sommes des femmes mystères, il n’y a aucune formation sur nous.” Une écoute et un accompagnement féministe à la sortie de la prostitution sont les seuls moyens d’aller vers une santé libérée des violences. »
